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14 décembre 2018

Rare que je chronique un roman vous le savez .Je suis plus avis de lecture, ma…



Rare que je chronique un roman vous le savez .Je suis plus avis de lecture, mais quand on tombe littéralement sous le charme d’une écriture on aime transmettre cet enthousiasme. Je vais essayer de m’y employer au mieux :

Nuit persane
Maxime Abolgassemi
Editions Erick Bonnier

« nuit persane » rien que le titre est une invitation au voyage …
On imagine sans peine les palais somptueux, les odeurs d’épices, l’appel à la prière du haut des minarets, bref tout ce que les milles et une nuits ont apporté à l’imaginaire collectif pour ce qui est des visions de l’orient. Sauf que cette. « nuit persane » n’a strictement rien à voir.

Notre nuit persane, nous entraîne en Iran, à une période charnière de l’histoire de ce pays, tiraillé entre tradition et modernité, un pays culturellement riche, qui donna au monde la civilisation perse, la poésie, les roses d’Ispahan, une des meilleures gastronomie au monde. Un pays qui possèdent des gisements gaziers et pétroliers entre autres, qui ont attiré les pays occidentaux comme le miel attire les ours.

La période dont s’inspire Maxime Abolgassemi, est située entre 1976 et la fin 1978.
Période charnière pour ce pays, période pré-révolutionnaire où tous les futurs semblaient possibles pour le pays et ses habitants. Nous, occidentaux de plus de 45 ans, ne gardons de cette période que quelques couvertures de Paris Match d’un homme, en costume militaire, ou en anorak qui posait seul ou entouré par sa famille, comme les people actuels, ou par la suite, à la une de nos JTs , ou en une de Libé notamment l’image d’un vieillard en turban, qui prie dans une tente, à Neauphle-le-Château. Ce village des Yvelines qui accueillit l’Ayatollah Khomeini dans son exil français, des manifestations dans les rues de Téhéran, qui ne sont aujourd’hui que de lointains souvenirs. Et dont les jeunes générations ne savent rien ou presque.

Cette histoire, est à la fois, un roman d’amour, un roman historique et un conte initiatique. Maxime a des origines iraniennes, la passion du pays ancestral, et cela se ressent dans son écriture, poétique par moment, lorsqu’il décrit son pays, ou lorsqu’il parle d’amour par l’entremise de ses jeunes héros, une écriture journalistique lorsqu’il décrit les événements politiques, les manifestations, et l’effervescence qui portait les acteurs de ce drame en plusieurs actes.

Le roman nous conte les années que Mathieu, jeune adolescent « ordinaire » embarqué au même titre que sa mère pour l’Iran, ou son père est appelé aux plus hautes fonctions dans le domaine du nucléaire. Tombé du ciel, dans un pays dont il ignore absolument tout, la culture, la langue, les us et coutumes. Comme tous les expatriés français , il fait ses classes au lycée français de Téhéran, prestigieux établissement De la capitale . Il y rencontrera de nombreux amis, et fera la connaissance de Leyli.

Leyli, est une jeune iranienne brillante issue de la classe commerçante de Téhéran. Cette jeune femme va vite devenir indispensable à Mathieu autant pour l’initier Aux subtilités de la culture iranienne, qu’à la langue Farsi, lui ouvrir les portes du véritable Iran , celui dont les médias ne parlent pas. Auprès de Leyli, il va vivre mille aventures, sera de tous les combats.Il rencontrera toutes les composantes de la société iranienne.Des intellectuels de gauche, en passant par les religieux, ou les commerçants du bazar. Leyli, sera également l’initiatrice, sur un autre plan bien plus personnel, celui des amours.

En vivant cet amour-passion avec Leyli, Mathieu va grandir, passer le cap de l’adolescence à l’âge adulte, il va acquérir une conscience politique, et se sentir iranien de toute son âme.

Il sera de toutes les manifestations, s’essayera à l’humanitaire dans le bidonville qui s’étale en périphérie de Téhéran, constatera par lui-même les disparités de cette société castée et profondément inégale.

Avec Mathieu et Leyli , nous vivons de l’intérieur ces événements qui bouleversèrent la géopolitique d’une région toute entière, et dont nous ressentons encore aujourd’hui les effets dévastateurs.

L’Amour avec un grand A. L’amour pour l’Iran, Mathieu a tout vécu en deux ans, et rentrera brisé, en France à l’orée de ses 18 ans.

Par-delà l’écriture enchanteresse de Maxime, c’est toute la magie de la Perse que nous voyons éclater en lettres de feu et de sang dans ce roman. Une immersion totale, un feu d’artifice de sensations, de cris de combat, d’idéaux, une plongée initiatique et la découverte d’un pays aux 1000 facettes.

Ce roman est bouleversant, À plus d’un titre, cette magnifique histoire d’amour pour Leyli d’une part, et ce cri d’amour déchirant pour un pays : l’Iran.

Vous l’aurez compris, ce roman est un coup de cœur, je ne peux que vous encourager à le découvrir. Peut-être serez-vous sous le charme de cette poésie inhérente à la culture iranienne qui ressurgit même dans les moments les plus critiques de son histoire. Et peut-être comme moi serez-vous tenté de mettre vos pas, dans ceux de Mathieu et Leyli, dans ce pays aux mille splendeurs et pas si lointain en fait qu’on appelle l’Iran.




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